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  • 25 ans de web québécois : ce qui a changé, et ce qu'on a choisi de garder

En janvier 2001, nous avons commencé à faire des sites web sous le nom de Chocolat Média; l’entreprise a été incorporée en 2004. Vingt-cinq ans plus tard, nous sommes quatre — après avoir été douze. Ce n’est pas un repli : nous sommes revenus à une petite agence web volontairement, et c’est probablement la décision qui a le plus façonné notre façon de travailler.

Un anniversaire n’est pas très intéressant en soi. Ce qui l’est, c’est ce qu’on voit en regardant 25 ans en arrière : un métier limpide en 2001, devenu presque impossible à expliquer en une phrase aujourd’hui. Voici ce que nous avons vu passer, et pourquoi nous n’avons jamais cherché à grossir.

Pascal Couturier et Emanuelle Duchesne de l'Agence Chocolat

En 2001, personne ne demandait à une agence web ce qu’elle était

Quand nous avons commencé, il y avait beaucoup moins d’agences. Et surtout, on se cassait bien moins les méninges pour se trouver un positionnement. On faisait des sites web. C’était clair pour tout le monde — pour nous comme pour nos clients.

À l’époque, on faisait du Flash, avec un petit vidéo en intro où on pouvait cliquer sur « Skip the intro ». Ça paraît anecdotique, mais ça dit quelque chose d’important : le métier tenait dans une compétence. On savait construire un site, et c’était suffisant pour définir une entreprise.

Personne ne nous demandait si nous étions une agence de branding, une boutique de développement, une firme de marketing de contenu ou un studio UX. La question n’existait pas, parce que les catégories n’existaient pas.

Puis le métier s’est fragmenté

Ce qui était un seul métier a éclaté en spécialités distinctes, chacune avec ses outils, ses fournisseurs et son vocabulaire :

  • les thèmes préfabriqués et les constructeurs de pages, qui ont rendu la mise en ligne accessible à tous;
  • le marketing numérique et la publicité en ligne;
  • la stratégie de contenu;
  • la gestion des réseaux sociaux;
  • le référencement, devenu une discipline à part entière;
  • l’hébergement et la maintenance, longtemps traités comme des accessoires.

Chacune de ces spécialités s’est dotée de ses propres acteurs. Le résultat, pour une entreprise qui cherche à refaire son site, c’est un marché devenu illisible. Trois fournisseurs peuvent dire « on fait des sites web » et parler de trois choses complètement différentes : un thème installé et configuré, un site sur mesure conçu de zéro, ou une plateforme intégrée à des systèmes existants.

Pour une organisation qui magasine, la question utile n’est donc plus « faites-vous des sites web ». Elle est plus précise : qui va concevoir, qui va programmer, qui va héberger, et à qui je parle dans deux ans quand quelque chose brise? Trois soumissions au même montant peuvent recouvrir trois réalités très différentes, et l’écart n’apparaît qu’après la mise en ligne. C’est aussi vrai pour une refonte de site web que pour un premier site.

L’exception : quatorze ans à construire une plateforme

Entre 2009 et 2023, nous avons mené autre chose en parallèle : Panierdachat, une plateforme de commerce électronique que nous avons conçue et développée, et qui permettait à des commerçants d’ouvrir leur boutique en ligne et de gérer leur inventaire sans passer par un développeur — à une époque où ça n’allait pas de soi.

Quatorze ans de développement continu, ça ne se fait pas à quatre. L’équipe est montée jusqu’à douze personnes.

En 2023, Panierdachat a été vendue. Nous avons alors conservé les personnes dédiées à la conception de sites web et laissé partir avec le produit ce qui lui appartenait. C’est ce qui explique que nous soyons quatre aujourd’hui.

Pourquoi nous sommes redevenus une petite agence web

L’équipe dédiée à la conception de sites web, elle, est restée entre deux et cinq personnes pendant la quasi-totalité de ces 25 ans. C’est la plateforme qui a fait grossir l’entreprise, pas l’agence. Nous sommes quatre aujourd’hui, chacun cumulant plus de 15 ans d’expérience.

Revenir à quatre après avoir été douze n’est ni un accident de parcours ni un repli. Nous aurions pu réinvestir dans la croissance de l’agence après la vente; nous avons choisi l’inverse. Nous avons délibérément choisi de rester une petite équipe, pour tous les avantages que ça comporte — et nous avons appris à mieux servir notre clientèle comme ça. Nous avons encore beaucoup de plaisir à travailler directement sur les projets. Concrètement, ça change trois choses.

La personne qui conçoit votre site est celle qui vous parle

Il n’y a pas de couche de gestion entre vous et le travail. Ce que vous expliquez le lundi n’a pas besoin d’être retransmis trois fois avant d’atteindre la personne qui exécute. Dans une structure plus grande, cette transmission est un métier en soi; ici, elle n’existe pas, parce qu’elle n’a pas lieu d’être.

La qualité des relations est un critère, pas un bonus

Avec la clientèle comme au sein de l’équipe. C’est plus facile à atteindre dans une petite organisation, où chaque relation compte proportionnellement plus. Une agence de quatre personnes ne peut pas se permettre un client mécontent ni un collègue démobilisé — ce qui est une excellente discipline.

Le temps d’explication fait partie du travail

Prendre le temps d’expliquer un choix technique à un client est aussi important que le site web final. Un client qui comprend pourquoi son site est construit d’une certaine façon prend de meilleures décisions pendant les cinq années suivantes : il sait ce qu’il peut modifier lui-même, ce qui mérite un appel, et ce qui ne se touche pas. C’est l’essentiel de ce que nous faisons comme partenaire numérique pour plusieurs organisations.

Petite agence ne veut pas dire petits projets

C’est le préjugé le plus tenace, et 25 ans de mandats l’ont démenti.

Waxman Tuxedo a été la première entreprise à nous faire confiance et à nous ouvrir son réseau. Une bonne partie de nos premières années vient de là.

Le Formula 1 Grand Prix du Canada et le Salon de l’Auto de Montréal nous ont amenés dans une autre catégorie : celle des sites à fort trafic, où une erreur se voit en quelques minutes. Nous avons aussi mené des mandats avec Hydro-Québec, la Sûreté du Québec et la Ville de Montréal.

Et puis il y a Linea P International, cliente depuis 2001. C’est la plus longue relation d’affaires de l’agence, et elle remonte à l’année de nos débuts : 25 ans avec le même partenaire web. C’est probablement la statistique dont nous sommes le plus fiers, parce qu’elle ne se fabrique pas.

La taille d’une agence n’a d’impact ni sur sa capacité à livrer, ni sur la qualité de son service. Elle permet plutôt un accompagnement plus direct et plus agile. Vous pouvez voir une partie de ce travail dans nos réalisations.

Travailler d’où l’on veut

L’autre grand déplacement de ces 25 ans est arrivé plus récemment.

L’accessibilité des outils numériques et leur adoption généralisée pendant la pandémie ont décloisonné nos activités. Nous signons désormais des mandats partout au Québec sans nécessairement rencontrer nos clients en personne. Après plus de vingt ans auprès d’une clientèle presque exclusivement montréalaise — elle l’est encore à 95 % —, nous n’avions plus besoin d’être à Montréal pour servir des clients montréalais.

Ce changement a modifié la façon de travailler plus qu’on ne l’aurait cru. Les échanges se sont structurés : ce qui se réglait autrefois dans un corridor s’écrit maintenant, se documente et se retrouve. Les décisions laissent une trace, ce qui profite surtout au client, qui garde l’historique de son projet plutôt que de dépendre de la mémoire de son fournisseur.

En 2025, l’agence a établi son adresse d’affaires à Bromont, où nous habitons. L’équipe travaille à distance. Ça nous a aussi ouvert des marchés que nous ne servions pas : nous accompagnons aujourd’hui des organisations à Bromont, à Granby et à Sherbrooke, dont Tourisme Bromont et Xomed, tout en conservant notre clientèle montréalaise.

Un nom qui ne disait plus le métier

Ces 25 ans ont aussi rendu notre nom illisible. Le « Média » de Chocolat Média était l’abréviation de « multimédia », le terme des années 2000 pour désigner tout ce qui mêlait image, son, texte et interactivité. Le mot est sorti de l’usage — non pas parce que la discipline s’est éteinte, mais parce qu’elle a gagné : le multimédia est devenu le web, tout simplement.

Nous avons donc changé de nom en 2024. Nous racontons ce choix en détail dans Chocolat Média devient l’Agence Chocolat.

Ce que 25 ans changent, concrètement, pour un client

La longévité n’est pas un argument en soi. Ce qu’elle produit, oui.

Un site web n’est pas un livrable, c’est une infrastructure qui vit cinq, huit, parfois douze ans. La question qui compte au moment de choisir un fournisseur n’est donc pas seulement « est-ce qu’il peut le construire », mais « est-ce qu’il sera encore là dans quatre ans quand il faudra le faire évoluer ». C’est pour cette raison que l’hébergement et la maintenance occupent une place aussi importante dans nos services : ce sont eux qui déterminent ce que devient un site après sa mise en ligne.

Concrètement, la continuité ressemble à ceci : quand un client nous rappelle après trois ans, personne n’a besoin de reconstituer l’historique de son site. On sait pourquoi il a été construit ainsi, quels compromis ont été faits et lesquels méritent d’être revus. C’est une économie invisible, mais réelle — celle des heures qu’on ne facture pas à redécouvrir un projet.

Vingt-cinq ans, c’est aussi une mémoire. Nous avons vu des technologies annoncées comme incontournables disparaître, et d’autres, présentées comme des gadgets, devenir des standards. Ça rend prudent devant les modes, et ça aide à conseiller un client sur ce qui va durer.

Merci

Nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes qui sont passées par l’agence et qui nous ont donné leur temps et leurs compétences pendant ces 25 années. Et envers celles qui nous ont soutenus par leur écoute et leurs conseils : nos familles, nos mentors, notre clientèle, les autres entrepreneurs.

Vingt-cinq ans, ce n’est pas une ligne d’arrivée. C’est surtout une bonne raison de se demander ce que le métier sera devenu dans dix ans — et de continuer à rester petit en voyant grand.

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Une petite agence web peut-elle mener de gros mandats?

Oui. Agence Chocolat compte quatre personnes et a mené des projets pour le Formula 1 Grand Prix du Canada et le Salon de l’Auto de Montréal, ainsi que des mandats avec Hydro-Québec, la Sûreté du Québec et la Ville de Montréal. La taille d’une équipe n’a d’impact ni sur sa capacité à livrer, ni sur la qualité de son service. Elle change surtout la proximité : la personne qui conçoit le site est celle qui parle au client.

L'agence a-t-elle déjà été plus grande?

Oui. De 2009 à 2023, l’entreprise a développé Panierdachat, une plateforme de commerce électronique permettant à des commerçants de gérer une boutique en ligne sans développeur. Ce chantier a porté l’équipe jusqu’à douze personnes. La plateforme a été vendue en 2023 et l’entreprise a conservé les personnes dédiées à la conception de sites web, ce qui explique l’équipe de quatre personnes d’aujourd’hui.

Quelle est la différence entre une petite agence web et une grande?

Dans une grande structure, la transmission de l’information entre le client et les personnes qui exécutent est un métier en soi. Dans une petite agence, cette couche n’existe pas : l’échange est direct. En contrepartie, une grande agence absorbe mieux les pics de volume et les mandats menés de front. Le bon choix dépend donc du type de projet, pas d’une hiérarchie de qualité.

Depuis quand Agence Chocolat existe-t-elle?

L’agence a commencé ses activités en janvier 2001 sous le nom de Chocolat Média, et l’entreprise a été incorporée en 2004. Elle souligne donc 25 ans d’activité en 2026. Sa plus longue relation d’affaires remonte à l’année de ses débuts : Linea P International, cliente depuis 2001.

Chocolat Média et Agence Chocolat, est-ce la même entreprise?

Oui. Il s’agit de la même entreprise. Chocolat Média a été renommée Agence Chocolat en 2024, parce que le mot « média », abréviation de « multimédia », ne décrivait plus le métier. L’équipe, les mandats et la continuité de service sont inchangés.

Où est établie Agence Chocolat?

L’agence a établi son adresse d’affaires à Bromont en 2025. Son équipe travaille à distance et dessert des organisations partout au Québec : la clientèle demeure montréalaise à environ 95 %, avec des mandats à Bromont, à Granby et à Sherbrooke.

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